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Claire Fountaine : « Derrière chaque médaille il y a une histoire forte »

[Equipe de France]  - le 09/09/2016

[Equipe de France]

Quelques semaines après la fin des épreuves de voile à Rio, Claire Fountaine, Vice-Présidente en charge du Haut Niveau au sein de la Fédération Française de Voile apporte son regard sur l'olympiade, les Jeux Olympiques et l'Equipe de France de Voile Olympique.

Quel a été votre rôle au sein de l'Equipe de France pour cette olympiade ?
Après avoir été Directrice de l'Equipe de France à Athènes en 2004 et Pékin en 2008, j'avais décidé d'arrêter pour Londres 2012. En 2013, le Président Jean-Pierre Champion m'a demandée de prendre la tête de la commission du haut niveau, un nouveau volet mis en place pour l'Olympiade de Rio 2016. Il s'agit d'une commission au spectre élargi, puisque qu'elle comprend l'habitable, le funboard, et l'ensemble de la voile olympique.
Pour cette olympiade, pour la voile olympique, nous avons travaillé en étroite collaboration avec le Directeur Technique National, Jacques Cathelineau. Ensemble, nous avons choisi de travailler           avec Guillaume Chiellino en tant que Directeur de l'Equipe de France : après Athènes, Pékin et Londres en tant que coach, sa nomination s'est imposée comme un choix justifié.

Comment est organisée la commission du Haut Niveau ?
Dans la commission du Haut Niveau, l'habitable a été délégué au secteur habitable et le funboard au secteur voile légère. La commission du Haut Niveau est également composée de deux personnalités du monde de la voile : Serge Raphalen, Président de la Ligue des Pays de la Loire et Nicolas Hénard, double médaillé d'or olympique, apportant un regard extérieur de haut niveau.Pour l'accession au haut niveau en voile olympique, le dispositif espoir a été confié à Cédric Leroy et le dispositif Bleuet à Loc Billon. C'est donc tout un ensemble qui a travaillé de concert pour obtenir une cohérence et une dynamique pour que la relève puisse être assurée.

Jacques Cathelineau, Guillaume Chiellino et vous-même formiez le comité de sélection pour les JO de Rio, comment fonctionniez-vous au quotidien ?
Tout au long de l'olympiade, nous avons eu des rendez-vous très réguliers avec Jacques Cathelineau et Guillaume Chiellino, lors desquels nous faisions des points très précis. Les échanges ont toujours été faciles, fluides et cela à tous les niveaux, pas uniquement sur les aspects de sélections. Guillaume Chiellino a fait preuve d'un fort engagement durant la préparation olympique. Il a su manager et fédérer l'équipe d'encadrement et d'entraîneurs.

A propos des entraîneurs et de l'encadrement justement, l'équipe semblait très soudée ?
Pour connaître la réussite sur les Jeux, il fallait de très bons entraîneurs. Le choix de chacun d'entre eux a été à chaque fois partagé et unanime, sous la responsabilité de Jacques Cathelineau. Une des particularités de cette Equipe de France, a été la complicité entre les entraîneurs, avec un dynamisme certain. Une équipe solide, compétente, des entraîneurs qui ont tous été des coureurs de très haut niveau dans toutes les séries, avec des parcours différents, ce qui a apporté une complémentarité et un partage exemplaire.Il y avait également l'ensemble du staff autour avec la cellule météo, un grand travail a été fait, avec un plan d'eau carioca qui le nécessitait. L'équipe médicale, l'équipe logistique, il y avait une belle dynamique qui accompagnait l'Equipe de France.

Quels sont les grands changements opérés sur cette olympiade ?
Sur la stratégie de l'Equipe de France, les deux éléments clés qui ont été partagés :
- Avoir un dispositif de sélection simple, lisible et rapide pour les coureurs
- Avoir un rendez-vous unique par an, avec un objectif très précis pour les coureurs

Peut-on parler d'un avant et un après Santander ?
Nous avons vu tout au long de l'olympiade une équipe monter en puissance, avec en premier point d'orgue les Championnats du monde ISAF à Santander. Il s'agissait de leur premier objectif, les coureurs ont répondu présents, ensuite ça a déroulé, l'équipe a connu de nombreux succès.

Comment décrire cette Equipe de France ?
La vraie caractéristique de cette équipe : c'est une équipe de gagneurs. A l'image de ce qu'il se passe en Angleterre, en Nouvelle-Zélande ou en Australie. Ils sont allés chercher 8 titres de Champions du monde et 16 podiums sur l'olympiade. C'est très éloquent pour cette équipe. Il y avait dans toutes les séries un mental solide et une volonté, couplée à une détermination incroyable.

Une médaille d'or cela représente quoi pour un sport ?
La médaille d'or, c'est le graal. C'est une mise en lumière merveilleuse. Charline Picon a réalisé un exploit sportif. En remportant l'or à Rio, elle est devenue la deuxième femme médaillée en voile, après Faustine Merret, auréolée d'or en 2004.

Quel regard portez-vous sur les 3 médailles glanées à Rio ?
Charline, Pierre, Camille et Hélène se sont tous alignés sur des Medal Races qui s'annonçaient aussi compliquées que jouables. Ils étaient dans des positions extrêmement serrées en termes de points. A ce stade, ce n'est plus la technique, ni la tactique qui fait la différence. Ils ont gagné leur médaille au mental. Ils ont eu une force mentale incroyable. Pierre a lancé la dynamique en remportant la première médaille, il était déterminé, rien ne pouvait l'arrêter. Charline a dominé sa préparation olympique pendant 4 ans. Elle a annoncé ses objectifs, la médaille visée. Elle était au pied du mur, elle s'est mise en difficulté pendant ses JO. Elle avait un scénario très difficile pour sa course finale, il fallait un mental solide. Elle est allée chercher sa médaille d'or de façon extraordinaire. Que ce soit Pierre ou Charline, cette médaille ils la partagent avec leurs entraîneurs respectifs. Stéphane Jaouen pour Pierre, Cédric Leroy pour Charline. Ils ont travaillé pendant 4 ans ensemble. Ce sont des histoires longues et antérieures à la PO, qui récompensent des engagements. Camille & Hélène quant à elles, remportent la 1e médaille française féminine en 470. C'est fabuleux. Dans leur série, le podium était dessiné, toutes les filles sur le podium ont été Championnes du monde pendant l'olympiade. Les Anglaises et les Néo-Zélandaises ont été toutes les deux été médaillés Olympiques en 2012. Camille et Hélène ont relevé un défi de taille, accompagnées par leur entraîneur Gildas Philippe, le spécialiste du 470, Champion du monde lui aussi. Mais je note qu'à l'image de ces Jeux, le podium des 470 femmes est d'une logique incroyable. Si je ne dois retenir qu'une seule chose de ces dernières années, c'est que seul le talent et le travail des coureurs (accompagnés de leur entraineurs) font la différence et que derrière chaque médaille, il y a une histoire forte, souvent antérieure aux 4 ans.

Les podiums dans les différentes séries étaient prévisibles selon vous avant les JO ?
Beaucoup de médaillés à Rio étaient attendus. Nombreux sont les ténors des séries qui ont répondu présents. Giles Scott (GBR) en Finn, Peter Burling & Blair Tuke (NZL) en 49er, Marit Bouwmeester (NED) en Radial, Dorian Van Rysselberghe (NED) en RSX, Saskia Clark & Hannah Mills (GBR) en 470 femmes, avec à chaque fois des invités sur les deuxième et troisième marches du podium. Une exception a été faite en Nacra 17. Avec une surprise, mais l'histoire est belle pour l'Argentin.
Il y a bien sur un grand absent de tous ces podiums, c'est le duo Billy Besson-Marie Riou. Eux qui ont été le fer de lance de l'Equipe de France, quadruples Champions du monde.

Quel est votre sentiment quant aux autres résultats français ?
Au-delà des podiums, il y a eu de bons résultats.
La dernière année a été exceptionnelle pour Jean-Baptiste Bernaz, qui a fait un travail énorme avec son entraîneur Pascal Rambeau. Nous le savions très fort pour les Jeux. Il a fait « une erreur de jeunesse » comme il dit, avec son départ prématuré, mais on ne réécrit pas l'histoire, c'est ça aussi les Jeux. Le 49er fait de très beaux JO. Julien d'Ortoli et Noé Delpech ont réussi à mettre en place ce qu'ils savent faire. Sarah Steyaert & Aude Compan en 49erFX peuvent être fières de leur résultats, elles ont gagné trois manches pendant ces Jeux. Sarah sortait du solitaire, il a fallu s'adapter au double, faire face à une blessure et apprendre sur ce nouveau support olympique. Le travail effectué avec Benjamin Bonnaud a toujours été dans le bon sens. Sofian Bouvet & Jérémie Mion en 470 ont eu une journée sans. Le podium se dessinait, ils auraient pu s'inviter dessus. Ils sont montés en puissance pendant l'olympiade, très bien accompagnés par Philippe Mourniac, Gildas Phillipe et les nombreux entraînements avec le 470 femmes. Il y a eu une vraie complicité. Ils peuvent avoir une amertume pour les JO, mais ils sauront y retourner, ils ont le talent pour. Je souhaite saluer le parcours extraordinaire de Billy Besson & Marie Riou, coachés par Franck Citeau, très engagé auprès d'eux. Un accident malheureux les empêche de défendre leur chance. La force de courage de Billy, la force mentale de Marie ont été incroyables. Marie a apporté énormément sur la PO, Billy est un magicien de la barre. Ils étaient complémentaires et ont montré pendant 4 ans leur domination, sans pouvoir concrétiser sur les Jeux. De son côté, Jonathan Lobert a marqué cette Equipe de France. Médaillé à Londres, il a une forte maturité et a amené son expérience à l'équipe. Ne pas le voir au niveau qu'il avait, au niveau de son titre de Vice-Champion du monde est terrible. Pour lui, la déception est forte et légitime. Mathilde de Kerangat, elle aurait pu... Elle est forte, elle a beaucoup progressé, mais un petit manque de confiance l'a empêchée d'entrer en Medal Race, couplé à un souci de vitesse qui la prive de cela. Elle a vécu les Jeux après une olympiade au sein d'une belle équipe dynamique de Laser Radial. Il y a une émulation intéressante dans le collectif. Il faut qu'elle digère et qu'elle transforme cette expérience en positif.

Enfin, que peut-on souhaiter à présent à la voile française ?
Grâce à ses excellents résultats et à sa belle dynamique lors des Jeux Olympiques, mais plus globalement pendant 4 ans, l'Equipe de France de Voile permet à la France de revenir au premier plan. Je souhaite que cela donne envie à tous les jeunes pratiquants et à ceux qui ont envie de tester ce sport. Quand on voit les larmes et le sourire de Charline Picon, ceux de Camille Lecointre, d'Hélène Defrance et de Pierre Le Coq, j'aimerais qu'ils donnent envie de faire de la voile dans les clubs et qu'ils incitent les jeunes dans les Pôles France à persévérer.
Les deux médailles ramenées par des femmes doivent conforter le développement de la voile sportive féminine, dans les différents dispositifs (bleuets, dans les clubs, dans les ligues, etc.). Il faut surfer sur cette dynamique.

Le Haut Niveau est un chemin long et un long chemin de patience… mais qui en vaut la peine !

 

Par : Havas SE


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